Des pilotes polynésiens à bord des avions de Tunisair

Des pilotes polynésiens à bord des avions de Tunisair

Une dizaine de jeunes pilotes polynésiens (dont Thierry Delamare, deuxieme en partant de la droite) ont passé avec Tunisair un contrat leur permettant de voler en tant que copilote sur les appareils de la compagnie. Ils apprennent ainsi les rouages du métier tout en gagnant des heures de vol. Mais cette opportunité ne leur fait pas oublier leur objectif: intégrer un jour Air Tahiti Nui. DRUne dizaine de jeunes pilotes polynésiens ont passé avec Tunisair un contrat leur permettant de voler en tant que copilote sur les appareils de la compagnie. Ils apprennent ainsi les rouages du métier tout en gagnant des heures de vol. Mais cette opportunité ne leur fait pas oublier leur objectif: intégrer un jour Air Tahiti Nui.

Deux ans d’école en métropole, une formation au Canada, une qualification sur Airbus et voilà Thierry Delamare, jeune pilote polynésien à la recherche d’une compagnie. Comme une dizaine de ses confrères, c’est en Tunisie qu’il va finalement réaliser ses premiers vols en tant que copilote.

La compagnie Tunisair lui a en effet offert la possibilité de devenir copilote sur ses appareils, ce qui lui permettra de comptabiliser un grand nombre d’heures de vol, avec peut-être à terme l’opportunité d’intégrer Air Tahiti Nui, son objectif.

Le contrat passé entre la Tunisair et le jeune pilote lui permet de voler 500 heures moyennant une indemnité. En plus de quoi, cette expérience lui permet d’aller à la découverte de l’Europe, du Moyen Orient et de l’Afrique du nord. « Le fait de changer sans cesse de pays nous oblige à nous adapter« , se réjouit-il.

Le jeune Polynésien a également l’occasion de gagner en expérience: « Lors de mon premier vol, de Rome à Tunis, le temps était orageux. J’ai fait part au commandant de bord de mes inquiétudes, nous étions entourés d’orages et les éclairs striaient le ciel. Et finalement au moment où nous sortions de la couche orageuse, nous avons été foudroyés. Je n’oublierai jamais ce premier vol« , raconte Thierry Delamare.

« Notre jeunesse est un frein dans ce métier »

Mais l’éloignement de la Polynésie est parfois difficile. Certains des pilotes ont du laisser femmes et enfants pour pouvoir vivre leur passion. « Mais le plus difficile reste de ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir« , explique Thierry Delamare. D’ici au mois de janvier, les contrats de certains de ces pilotes seront en effet arrivés à terme et la crise mondiale actuelle ne permet pas à la compagnie tunisienne de les renouveler.

« Nous avons déjà envoyé nos candidatures partout à travers le monde, jusqu’au Viet-Nam et autres. Nous voulons faire valoir nos compétences et capacités mais notre jeunesse est un frein dans ce métier« , déplore-t-il, avant d’ajouter: « Il faudrait voir sur du long terme pour pouvoir développer la compagnie Air Tahiti Nui et, pour ce faire, prendre en compte qu’à présent la Polynésie possède des pilotes formés« .

Si ces jeunes Polynésiens vivent enfin leur passion, ils souhaitent à présent pouvoir en faire leur profession. Et la Polynésie reste leur principal objectif même si les possibilités de carrière sont étroites. Ils savent d’ailleurs qu’ils devront encore « s’exporter » avant de revenir et peut-être, enfin, voler sur la compagnie au tiare.

À propos de l'auteur :

Hina
Hina Teariki

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

Hina Teariki est une journaliste polynésienne de 38 ans, née et élevée à Papeete. Diplômée en journalisme de l'Université de la Polynésie française, elle a commencé sa carrière en 2008 comme pigiste pour divers journaux locaux avant de rejoindre Tahiti Presse en 2010. Passionnée par la culture et l'environnement polynésiens, Hina s'est spécialisée dans les reportages sur le développement durable, le changement climatique et la préservation des traditions locales. Elle est connue pour son style d'écriture engagé et ses enquêtes approfondies sur les enjeux sociaux et écologiques du fenua.

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